Une nuance en musique est une indication d'intensité sonore écrite sous la portée : elle fixe le volume de chaque note, du pianissimo au fortissimo. Les nuances de base viennent de l'italien, piano (doux), mezzo (moyennement) et forte (fort), et la notation musicale des bases du solfège en fait un signe à lire avant de jouer.
Les nuances musicales en quatre points
- Six nuances de base, pianissimo, piano, mezzo piano, mezzo forte, forte et fortissimo, abrégées d'un mot italien.
- Une nuance vaut jusqu'à la suivante : elle ne s'arrête pas à la fin de la mesure.
- Crescendo et decrescendo font varier progressivement le volume entre deux nuances.
- Une nuance est relative : un forte de flûte n'a pas le volume d'un forte de trompette.
Qu'est-ce qu'une nuance en musique ?
La nuance est l'indication qui règle l'intensité d'un son, c'est-à-dire son niveau sonore. Le rythme dit quand jouer, la hauteur dit quelle note jouer, la nuance dit avec quelle force. Sur une partition, elle figure en lettres italiques grasses, le plus souvent sous la portée pour un instrument seul et au-dessus pour une partie vocale, afin de ne pas gêner les paroles.
Le vocabulaire est italien parce que la notation musicale moderne s'est fixée en Italie. Les termes piano et forte signifient simplement « doux » et « fort ». Leurs dérivés se construisent avec deux suffixes et un préfixe : -issimo pour renforcer (pianissimo, fortissimo) et mezzo pour atténuer (mezzo piano, mezzo forte). Cela indique au musicien une échelle ordonnée plutôt qu'une mesure exacte en décibels.
Il faut garder en tête qu'une nuance est relative. Un mezzo forte n'a pas de valeur fixe : il dépend de l'instrument, de la salle, de l'effectif et du caractère du morceau. Ce qu'on doit entendre, c'est l'écart entre les nuances d'un même passage. Un piano bien placé après un forte produit plus d'effet qu'un fortissimo joué d'un bout à l'autre, et c'est cette dynamique qui donne sa forme à une œuvre musicale.
Les nuances font partie des paramètres musicaux au même titre que le rythme, la hauteur ou le timbre. Le rythme organise la durée des sons, l'intervalle mesure la distance entre deux hauteurs, la nuance règle le degré d'intensité. Un même intervalle joué pianissimo puis fortissimo ne produit pas la même impression : ce degré sonore change la couleur de la phrase et le caractère de la figure mélodique.
Quels sont les types de nuances musicales ?
On distingue deux familles : les nuances fixes, qui donnent un niveau, et les nuances progressives, qui décrivent un passage d'un niveau à l'autre. Le tableau classe les nuances de base du plus doux au plus fort.
| Abréviation | Terme italien | Ce qu'il signifie |
|---|---|---|
| ppp | pianississimo | à la limite de l'audible |
| pp | pianissimo | très doux |
| p | piano | doux |
| mp | mezzo piano | modérément doux |
| mf | mezzo forte | moyennement fort |
| f | forte | fort |
| ff | fortissimo | très fort |
| fff | fortississimo | le maximum de l'instrument |
Entre mezzo piano et mezzo forte se trouve le niveau moyen, celui d'une voix qui parle. Le mf signifie moyennement fort et sert souvent de point de départ quand la partition ne précise rien. Certains compositeurs vont au-delà du fff ou du ppp : la Sixième Symphonie de Tchaïkovski demande un pppppp au basson dans son premier mouvement, un cas resté célèbre.
Les nuances progressives
Le crescendo (cresc.) demande d'augmenter progressivement le volume, le decrescendo (decresc.) ou diminuendo (dim.) de le diminuer. Ils s'écrivent en toutes lettres ou avec un soufflet, deux lignes qui s'ouvrent pour l'augmentation et se referment pour la diminution. La longueur du soufflet montre la durée de la variation.
Les accents et nuances ponctuelles
Certaines indications ne concernent qu'une note : sforzando (sfz ou sf) pour une attaque soudainement forte, forte-piano (fp) pour une note attaquée forte puis aussitôt douce. Subito (sub.) signifie que le changement de nuance est brusque, sans transition.
Comment lire les indications de nuances sur une partition ?
Une nuance reste valable jusqu'à la suivante. C'est la règle qui trompe le plus les débutants : contrairement à une altération accidentelle, qui s'efface à la barre de mesure, un piano écrit à la mesure 5 vaut encore à la mesure 20 si rien ne le remplace. Il faut donc repérer la dernière indication rencontrée, y compris après une barre de reprise ou un renvoi, où la nuance du retour peut différer de celle du premier passage.
Quelques repères de lecture :
- la nuance se place sous la note où elle commence, jamais à la fin d'un groupe ;
- au piano, une nuance entre les deux portées vaut pour les deux mains, sauf indication séparée ;
- un crescendo sans nuance d'arrivée va jusqu'à la prochaine nuance écrite ;
- les termes poco a poco (peu à peu) et molto (beaucoup) précisent la vitesse de la variation ;
- une indication de caractère comme dolce (doux, tendre) touche le timbre autant que l'intensité.
Avant de jouer un morceau, lire la partition une fois uniquement pour ses nuances aide beaucoup : on trace mentalement la courbe dynamique de la forme musicale, ses sommets et ses creux, comme on lit la clef de sol et l'armure avant la première note. On ne découvre pas le fortissimo au moment de le jouer.
Comment jouer les nuances au piano ?
Au piano, l'intensité dépend de la vitesse à laquelle le marteau frappe la corde, donc de la vitesse d'enfoncement de la touche, et non de la force du bras. Une attaque lente donne un son doux, une attaque rapide un son fort. C'est d'ailleurs ce qui a donné son nom à l'instrument : le pianoforte, mis au point par Bartolomeo Cristofori à Florence autour de 1700, permettait enfin de jouer piano et forte, ce que le clavecin ne savait pas faire.
Pour travailler les nuances au piano :
- jouer une gamme de do en pianissimo, puis la même en fortissimo, en gardant un tempo identique ;
- faire un crescendo sur une octave montante et un decrescendo en redescendant ;
- jouer un accord en mezzo piano à la main gauche et la mélodie en mezzo forte à la main droite, pour apprendre à séparer les deux plans ;
- s'enregistrer : l'oreille du musicien qui joue perçoit mal l'écart réel entre ses nuances.
Le piège classique est d'accélérer dans un crescendo et de ralentir dans un decrescendo. La nuance ne change pas le rythme : le tempo reste le même tant que la partition ne demande ni accelerando ni rallentando. Pour des morceaux de piano niveau débutant où les nuances sont peu nombreuses et bien lisibles, on trouve un choix de partitions de piano pour débuter sur Partoches.
Quelle est l'importance des nuances en musique ?
Sans nuances, une interprétation reste plate, même juste. Les nuances portent l'émotion : un passage piano crée l'intimité ou la tension, un forte marque un sommet, un crescendo prépare l'arrivée d'un thème. Elles servent aussi l'équilibre d'un ensemble, puisque chaque instrument ajuste son volume pour laisser passer la mélodie principale.
Dans l'histoire de la musique, les indications écrites sont assez tardives. La Sonata pian' e forte de Giovanni Gabrieli, publiée à Venise en 1597, est souvent citée parmi les premières œuvres à noter piano et forte. Pendant la période baroque, les nuances restent rares et l'interprète les déduit du contexte, avec des effets d'écho entre forte et piano. La période classique, avec Haydn et Mozart, en écrit davantage, et chez Beethoven le sforzando devient une figure de style à part entière. Au XIXe siècle, les compositeurs romantiques multiplient les indications et élargissent l'échelle vers le ppp et le fff, en même temps que l'orchestre grandit. Au XXe siècle, certains musiciens écrivent une nuance différente sur presque chaque note, et le chef d'orchestre doit alors équilibrer des dizaines de degrés d'intensité à la fois.
Les nuances selon l'instrument, le chant et l'orchestre
Chaque instrument produit ses nuances d'une manière différente. Au violon, l'intensité dépend de la vitesse et de la pression de l'archet ; à la flûte, du débit d'air, avec le risque de faire monter la note quand on souffle plus fort ; à la guitare, de l'attaque du doigt ou du médiator. Dans le chant, le chanteur règle le souffle sans modifier la justesse, et un pianissimo tenu dans le grave reste l'une des difficultés du répertoire vocal.
À l'orchestre, le chef veille à ce que la ligne principale reste audible. Un forte des cuivres couvre facilement un forte des cordes : les parties d'accompagnement jouent souvent un degré en dessous de la nuance écrite pour la mélodie principale. C'est pourquoi une même indication n'est pas jouée de la même façon par tous les pupitres, et pourquoi interpréter une partition d'orchestre demande de savoir qui porte le chant à chaque moment.
Pour s'entraîner à interpréter ces changements, rien ne remplace une partition en PDF annotée au crayon : on entoure chaque changement d'intensité, on surligne les soufflets, et l'on vérifie au début de chaque phrase quelle nuance est en cours. Cette habitude, prise dès le début de l'apprentissage, évite de jouer tout un morceau modérément fort par défaut.
Pour l'interprète, une nuance n'est jamais un simple réglage de volume. Un forte peut être rond ou brutal, un piano peut être chaud ou lointain. La couleur du son, le toucher et l'expression font partie de la nuance autant que l'intensité, et c'est là que deux musiciens jouant la même partition se distinguent.
Quelles sont les nuances de base à connaître en premier ?
Pour débuter, quatre nuances suffisent : piano, mezzo piano, mezzo forte et forte, auxquelles s'ajoutent le crescendo et le decrescendo. Ce sont elles qu'on rencontre dans la grande majorité des morceaux d'apprentissage, au piano comme au violon ou à la flûte. Pianissimo et fortissimo viennent ensuite, quand le contrôle du son permet de creuser les extrêmes sans le déformer.
Un exercice simple consiste à jouer une même phrase de quatre mesures dans chacune des nuances de base, puis à demander à quelqu'un de les reconnaître à l'écoute. Si deux nuances voisines se confondent, l'écart est à agrandir. C'est la meilleure mesure de progrès : une palette de nuances bien distinctes vaut mieux qu'un fortissimo spectaculaire.
Questions fréquentes sur les nuances
- Que signifie mf sur une partition ?
- Le sigle mf abrège mezzo forte, terme italien qui signifie moyennement fort. C'est une intensité moyenne, un peu plus sonore que le mezzo piano.
- Une nuance s'applique-t-elle à toute la mesure ?
- Elle s'applique à partir de la note sous laquelle elle est écrite et reste valable jusqu'à la nuance suivante, même plusieurs mesures plus loin.
- Quelle différence entre decrescendo et diminuendo ?
- Dans l'usage courant, aucune : les deux demandent de diminuer progressivement le volume sonore. Certains auteurs associent le diminuendo à un léger ralentissement, mais ce sens n'est pas général.
