La barre de reprise est un signe de notation musicale : une double barre accompagnée de deux points qui indique au musicien de rejouer le passage précédent. Avec le segno, la coda et les mentions D.C. ou D.S., elle fixe l'ordre de lecture d'une partition sans la réécrire.
Les repères à retenir
- Deux points avant la double barre : on revient à la barre de reprise d'ouverture, ou au début du morceau.
- Les crochets 1 et 2 distinguent la fin jouée au premier passage de celle jouée au second.
- D.C. renvoie au début, D.S. au signe segno ; « al Coda » et « al Fine » disent où s'arrêter.
Qu'est-ce qu'une barre de reprise en musique ?
Une barre de reprise est une barre de mesure particulière, formée d'un trait fin et d'un trait épais, auxquels s'ajoutent deux points placés dans les deuxième et troisième interlignes de la portée. Le mot « reprise » dit bien sa fonction : la section encadrée est jouée deux fois. On parle aussi de signe de reprise ou de double barre de reprise. Cette indication existe depuis la notation baroque, où les danses en deux parties (allemande, courante, gigue) étaient systématiquement répétées.
Le sens de lecture dépend de la place des points. Points à droite de la double barre : c'est la barre de reprise d'ouverture, qui marque le début de la section à répéter. Points à gauche : c'est la barre de reprise de fermeture, qui renvoie le musicien vers la barre d'ouverture précédente. Si aucune barre d'ouverture n'apparaît avant, la reprise se fait depuis la première mesure du morceau. Ce principe vaut pour tout instrument, du piano à la guitare, et figure dans tous les cours de bases du solfège pour débutants.
Il ne faut pas confondre la barre de reprise avec la double barre fine (deux traits fins), qui sépare simplement deux sections, ni avec la barre de fin (trait fin puis trait épais, sans points), qui clôt la composition.
Quels sont les types de barres de reprise ?
Les éditeurs de partitions utilisent un petit nombre de symboles, toujours les mêmes. Le tableau suivant donne un aperçu de chaque type de barre et de ce que le musicien fait en le rencontrant.
| Signe | Forme sur la portée | Ce qu'il indique |
|---|---|---|
| Barre de mesure simple | un trait fin | sépare deux mesures |
| Double barre fine | deux traits fins | changement de section, de tonalité ou de chiffrage de mesure |
| Barre de reprise d'ouverture | trait épais, trait fin, deux points | début du passage à répéter |
| Barre de reprise de fermeture | deux points, trait fin, trait épais | retour à la barre d'ouverture précédente |
| Barre de fin | trait fin, trait épais | fin du morceau |
| Segno | S barré, entouré de deux points | point de renvoi pour D.S. |
| Coda | cercle traversé d'une croix | saut vers la section finale |
Première et deuxième fois : les crochets de reprise
Souvent, la reprise ne se rejoue pas à l'identique jusqu'au bout. Un crochet horizontal numéroté 1 couvre la ou les dernières mesures du passage : c'est la fin jouée au premier tour, qui contient la barre de reprise de fermeture. Au second tour, on saute ces mesures et on enchaîne directement sur le crochet numéroté 2. Dans une chanson pop, le crochet 1 ramène souvent au couplet, le crochet 2 mène au refrain.
Exemple en musique : une grille de huit mesures, la mesure 8 sous le crochet 1, la mesure 9 sous le crochet 2. Ordre réel : mesures 1 à 8, puis 1 à 7, puis 9. On trouve parfois « 1.2. » puis « 3. » quand la reprise est jouée trois fois, ou l'indication « 3x » au-dessus de la barre.
Comment fonctionnent les signes de renvoi D.C., D.S., segno et coda ?
Au-delà de la simple barre de reprise, les éditeurs utilisent des mots italiens pour les renvois plus longs. Leur logique est toujours la même : où revenir, puis où s'arrêter.
- D.C. (da capo)
- Reprendre depuis le début du morceau.
- D.S. (dal segno)
- Reprendre depuis le signe segno, placé plus haut sur la partition.
- al Fine
- Jouer jusqu'au mot Fine, écrit sous la mesure où la pièce s'achève. D.C. al Fine est courant dans le menuet et le rondo de la musique classique.
- al Coda
- Jouer jusqu'au premier signe de coda, puis sauter directement à la coda, isolée en fin de page. D.S. al Coda et « capo al coda » (D.C. al Coda) structurent beaucoup de morceaux de rock, pop ou jazz.
Règle d'usage admise par la plupart des éditeurs : lors d'un renvoi D.C. ou D.S., les barres de reprise intérieures ne sont pas rejouées une seconde fois, sauf mention contraire (« con repetizione »). En cas de doute, la version enregistrée par l'éditeur ou le chef de pupitre tranche.
Comment lire une partition avec des barres de reprise ?
La méthode la plus fiable consiste à établir la carte de navigation avant de jouer une seule note :
- Repérer chaque barre de reprise et vérifier de quel côté se trouvent les deux points.
- Numéroter mentalement les crochets 1 et 2.
- Chercher en fin de système les mentions D.C. ou D.S., puis le signe segno et le signe de coda correspondants.
- Noter au crayon l'ordre réel des mesures, par exemple « 1-16, 1-12, 17-24, D.S. 9-12, coda ».
Ce travail préalable évite le décrochage le plus fréquent en groupe : un musicien qui rejoue la reprise pendant que les autres passent à la coda. Au clavier comme à la guitare, lire la structure avant de lire les notes fait gagner du temps, et c'est encore plus vrai sur une partition affichée sur tablette, où les sauts de page se préparent. Les tablatures reprennent exactement les mêmes symboles ; notre guide pour lire une tablature de guitare montre comment ils s'y placent au-dessus des lignes.
Comment insérer une barre de reprise dans un logiciel de partition ?
Dans les logiciels de composition courants (MuseScore, Sibelius, Finale, Dorico, ou l'éditeur en ligne Flat), la barre de reprise se trouve dans la palette des barres de mesure : on sélectionne la mesure, puis le type de barre voulu. Les crochets de première et deuxième fois sont rangés dans la palette « voltes » ou « fins alternatives », et le segno et la coda dans les « sauts » ou « répétitions ». Le logiciel en tient compte en mode lecture : la reprise est jouée, le renvoi suivi, ce qui permet de vérifier la forme à l'écoute avant l'impression. Sur le mode page, certains éditeurs forcent un saut de ligne avant la coda pour la présentation. Notre comparatif des logiciels pour écrire une partition détaille ces palettes, du mode gratuit aux versions pro.
Dans une partition de percussion, pour batterie ou pour percussion d'orchestre, on ajoute souvent le signe de répétition de mesure (une barre oblique entre deux points) : il demande de rejouer la mesure précédente, sans être une barre de reprise au sens strict.
Pourquoi les compositeurs utilisent-ils les reprises ?
La première raison est matérielle : une répétition écrite en toutes notes allonge la partition et multiplie les tournes de page. La seconde est musicale : la reprise rend la forme lisible d'un coup d'œil (couplet, refrain, pont) et laisse au musicien la place d'ornementer au second passage, pratique courante au clavecin comme au piano. Pour aller vers la mise en forme d'une partition complète, la présentation des accords et des indications de reprise dans nos morceaux de piano pour débutant sert de premier exercice.
